lundi 17 avril 2017

LES SUPER-HEROS ENVAHISSENT TOKYO !



"MARVEL : Age of Heroes Exhibition"

Une exposition consacrée aux super héros Marvel organisée à Tokyo a de quoi surprendre !
Les publications Marvel et DC sont en effet pour le moins mal diffusées au Japon. Lire des comics au pays du soleil levant relève souvent du parcours du combattant, que l’on cherche de la VO ou que l’on lise en Japonais dans le texte !

Aucun mensuel n’est consacré aux BD yankees, en cherchant bien (et longtemps) on peut trouver quelques éditions reliées mais elles sont loin d’être légion et n’assurent aucune continuité. Seules quelques rares boutiques VO sauvent la mise et permettent aux fans de suivre mensuellement les aventures des héros aux slips colorés… Mais après tout quoi de surprenant, nous sommes au pays du Manga Roi après tout !

On comprend mieux dès lors que l’exposition (organisée par les Marvel Studios – à ne pas confondre avec Marvel tout court) soit bien plus spécialement orientée vers les films que vers les comics en eux même. Du reste, business is business, la part belle est faite aux films à venir : "Guardians of the Galaxy Vol. 2", "Spider-Man: Homecoming", et "Thor: Ragnarok".

Pas dégueu la vue depuis les fenêtres de l'exposition !

Située au 52éme étage de la Tour Mori sur Roppongi Hills l’exposition a l’amusante particularité de donner un accès direct aux fenêtres panoramiques de l’immeuble. On voit donc d’un côté le panorama futuriste de Tokyo s'étendant jusqu’à l’horizon et de l’autre les super-héros ! Un mélange pas si incongru que cela finalement. En tous cas les visiteurs sont ravis d’avoir un double spectacle.

Tant qu’à faire les héros ont largement dépassés le cadre de l’expo puisqu’à plusieurs endroits stratégiques de la tour Mori des statues et des affiches sont réparties à la vue de tous.


Baston géante en plein milieu de la tour Mori !

L’exposition en elle-même se décompose en 5 parties différentes (le choix de chaque partie est un poil fantaisiste et, disons-le, est sujet à caution) :

- La première salle, avec une représentation géante d’Iron man, introduit l’univers Marvel, de sa première publication en 1939 (sous le nom de Timely comics), jusqu’à l’époque moderne. Les panneaux descriptifs sont rédigés à la fois en Japonais et en Anglais.

Golgoth 12 euh non pardon, Iron man !

- L’accès à la seconde salle se fait par une double page de Comics ouverte et s’intitule « Cosmic and mystic » : comme son nom l’indique cette partie sera consacrée aux héros mystiques comme le Docteur Strange, les dieux nordiques (Thor en tête) et enfin aux héros spatiaux comme les Gardiens de la galaxie...

Dans cette pièce, comme dans toutes les autres, sont présentés des costumes originaux utilisés dans les films. Si on s'attend tout à fait à voir l’uniforme du Docteur Strange on est déjà plus surpris de trouver son smoking ! L’intérêt devient soudainement moindre. Mais bon ne boudons pas notre plaisir la plus part des tenues présentes sont bien super héroïques et non pas civiles.


Welcome into my word !

On retrouve également (mais déjà beaucoup moins nombreuses) des planches originales de Gene Colan, John Romita Sr ou John Byrne... (ne cherchez pas Kirby ou Ditko ils sont aux abonnés absents).
De jolis comics originaux sont également présents dont le fameux Marvel comics #1 de 1939 ou Amazing Fantasy #15 (soit la 1ére apparition de Spiderman en 1962).

- La troisième salle s’appelle curieusement « Global » : Un intitulé bien étrange et qui regroupe Hulk, Iron man… et les vengeurs au grand complet.
Sur son coté 4 versions de l’armure d’iron man sont présentées en taille réelles, donnant une perspective intéressante.

"Moi plus tard je veux faire Iron Man !"

- La 4éme salle « Local » : Partie consacrée aux héros urbains, tels que Spiderman, Daredevil ou Antman. Les super héros de proximité en quelque sorte !
Une fois de plus on est un peu surpris par le choix des objets représentés : on retrouve le sac à dos de Peter Parker ou son livre d'Histoire ! C'est pousser le fétichisme un peu loin somme toute...

Autre "détail" gênant : les droits des 4 Fantastiques ou des X-Men n’étant pas détenus par les Marvel Studios ils seront donc totalement absents de l’exposition ! C’est ballot quand même (surtout dans le cas des X-Men).

Local hero !

- La dernière partie, un peu fourretout, présente l’évolution moderne des personnages avec notamment leur adaptation en version Manga...

Sur les murs de chaque salle des panneaux racontent la genèse des personnages principaux. Ce qui finalement résume assez bien le problème de cette exposition : les fans connaissent déjà par cœur l’origine des héros, ces panneaux ne servent donc à rien pour eux ! On comprend donc bien que l'exposition s'adresse avant tout aux non-initiés. Les néophytes passeront un très bon moment en retrouvant l'univers qu'ils connaissent par les films, mais les fans eux resteront un peu sur leur faim devant cette galerie drôle, amusante, mais finalement un peu superficielle.

L’exhibition se termine forcément sur deux (!) boutiques successives de merchandising. Si vous voulez avoir une cravate Spider-Man, un sac à main Venom et autres goodies, la 1ére boutique est pour vous.
Si par contre vous cherchez des figurines de toutes tailles c’est la 2nde qui fera votre bonheur. Du reste je n’ai pas le souvenir d’avoir vu autant de statues en résine à vendre réunies en un seul endroit !

Cravates ou figurines fais ton choix camarade ! (ou pas)

Le merchandising, s’il frise le cynisme conquérant, est cependant fort efficace et certaines reproductions sont tout simplement de toute beauté !


"Je n'ose pas me retourner mais je crois qu'il se passe un truc louche derrière moi !"



samedi 15 avril 2017

DAVID BOWIE IS... Floating in a most peculiar way in Tokyo !




On prétend souvent que dans la vie personne n’a jamais droit à une seconde chance… Dans mon cas on peut affirmer que c’est rigoureusement inexact puisque je n’avais malheureusement pas pu assister à l’exposition Parisienne consacrée à David Bowie en 2015... Et voici que son pendant nippon est organisé pile poil concomitamment à ma venue au Japon ! Joie !
J’ai donc pu réparer cette erreur deux ans plus tard et sous d’autres latitudes.

L’exposition « David Bowie is » a été initialement organisée par le London’s Victoria and Albert Museum en 2013. Elle a depuis parcouru les quatre coins du monde, de Berlin à Toronto en passant par Melbourne (attirant pas moins 1.6 millions de visiteurs) avant de poser ses valises à Tokyo.


Les costumes de scènes sont à l'honneur.

En arrivant devant le bâtiment on tombe directement sur un présentoir cubique annonçant fièrement l’exposition. Les fans étant libre de laisser des commentaires sur chacun des quatre cotés du présentoir, les graffitis recouvrent largement l’affiche de moult messages d’amour et d’admiration à leur idole.

Force est de constater que le succès de l’exposition ne se dément pas puisque la file d'attente est assez imposante. Et ceci malgré un prix assez élevé : 2.400 Yen (soit environ 21€).

Organisation nippone oblige tout le monde attend sagement en ligne dans une atmosphère courtoise et respectueuse. Le public est manifestement hétéroclite regroupant hommes comme femmes de tous âges. Du rocker tatoué au travailleur en costume bleu foncé…



Une file conséquente qui ne décourage pas les fans !

L’entrée franchie des écouteurs nous sont distribués se déclenchent automatiquement dans chaque pièce et diffusant musiques ou interviews en accord avec les thèmes du lieu où l’on se trouve.

Plus de 300 objets sont exposés, dont les textes écrits de la main de Bowie, des pochettes d’albums, des peintures, des photographies…

Les œuvres et les modèles exposés viennent tous des archives personnelles de Bowie et s’étalent sur pas moins de 5 décennies. Une performance quasi inédite, même s’il faut reconnaître que la période 70-80 se taille clairement la part du lion. Elle est la plus représentée, notamment au niveau des costumes de scènes de la star (à la notable exception du fameux manteau arborant le drapeau Anglais « The Union Jacket » conçu par Alexander Mcqueen en 1997).



The Union Jacket !

L’exposition démontre comment l’œuvre de Bowie a tout à la fois influencée et était influencée par différents mouvements artistiques, comme le théâtre, le cinéma ou le design. Des passerelles sont habilement lancées entre tous les médias artistiques.

Le coté ludique n'est pas oublié au passage, puisqu'à certaines heures une maquilleuse propose de vous grimer à l'image du chanteur !
On est pas sûr qu'il s'agisse réellement d'une bonne idée, mais l'initiative a le mérite de faire rire les touristes... 


Star sur canapé.

Bref que l’on soit un fan hardcore ou un néophyte cette exposition se révèle passionnante. Seul point noir : victime de son propre succès on circule difficilement dans les couloirs et on peine parfois à accéder aux œuvres exposées.
Vous me direz cela ne m’a pas réellement posé de problème : je suis grand et les Japonais sont petits ! La vie est belle.

Petite anecdote amusante au passage : les photos à l’intérieur de l’exposition sont interdites. Comme il se doit (et n’écoutant que mon courage) j’ai bien entendu bravé cette interdiction pour les besoins de cet article (et surtout pour mon plaisir personnel avouons-le) jusqu’au moment où je me suis fait prendre en flagrant délit ! Une des surveillantes m’interpelle très en colère en me disant (dans un anglais approximatif) que les photos ne sont pas autorisées ! Elle exige du coup que j’efface la mémoire de mon appareil photo ! Pas contrariant j’efface, en la lui montrant, la photo que je viens de prendre (qui était ratée au passage) mais en gardant toute les autres ! Hihi.
Moins une et je perdais toutes mes photos ! Mince on ne rigole vraiment pas avec le règlement au pays du soleil levant ! Avis aux contrevenants...


Photo volée au péril de mon appareil !

Bowie and Japan

Le choix du Japon, seul pays d’Asie visité par l’expo, est tout sauf anodin car Bowie a toujours entretenu des liens particuliers avec ce pays depuis sa première visite en 1973.

Son étrange fascination pour ce pays se retrouve à travers toute sa carrière, notamment par l’utilisation des kimonos futuristes de Kansai Yamamoto sur la tournée « Ziggy stardust ». Sur l'un d'eux figuraient des inscriptions en Kanji où l’on pouvait lire son nom phonétiquement mais également la phrase : «Vomissements ardents et évacuation d'une façon menaçante » (Aucune idée de ce que cela veut dire mais c'est vaguement inquiétant).


Kimono et messages métaphysiques.

La collaboration avec ce styliste fut d'ailleurs assez fructueuse puisqu'il produira pour le chanteur de nombreuses tenues de scène, dont la fameux uniforme emblématique de Bowie évoquant tout à la fois un kimono, une tenue cosmonaute, un costume de clown et les sillons d'un 33t !

Kimono à sillon.

La musique n’est bien évidemment pas en reste de cette influence nipponne puisque Bowie jouera lui même du Koto sur l’album "Heroes" de 1977. De plus il écrira un instrumental spécialement composé pour le Japon intitulé "Crystal Japan" (il devait initialement servir de publicité pour une marque de Saké !).

On peut également cité comme référence au pays du soleil levant le texte lu en Japonais en introduction de l'album "Scary monsters and super creeps".

Peinture réalisée par Bowie lui même, rendant hommage à un de ses auteurs préférés : Yukio Mishima

Au niveau cinéma on peut signaler son rôle homoérotique dans "Furyo" ("Merry Christmas Mr Lawrence") avec Takeshi Kitano et Ryuichi Sakamoto, dirigé par Nagasia Oshima. Ces trois personnalités sont d’ailleurs interviewées pendant l’exposition, donnant leurs impressions sur leur rencontre avec le chanteur.

Le desinger Kansai Yamamoto dira de Bowie : “C’était quelqu’un qui savait s’exprimer à la fois à travers la musique et la mode. Les gens de la sorte ne sont plus si rares de nos jours, mais il a été l’un des pionniers à faire les deux.”
En rajoutant toute fois "Je ne sais pas pourquoi il était si attiré par le Japon, mais peut être que ce n’était pas le pas le pays ou la nipponerie en elle-même. Il savait juste quand quelque chose lui allait bien."




Quoi qu’il en soit la vraie réussite et la fascination qu'exerce cette exposition tient dans sa manière de rendre compte de tous les aspects du talent de Bowie (et des propres contradictions du personnage). On comprend clairement que son œuvre n’appartient plus seulement au domaine du rock mais à celui de l’art et de la performance.



J'y étais !


lundi 30 janvier 2017

"LES DELICES DE TOKYO" (An) Critique du film de Naomi Kawase sorti en 2016



Sentaro est le gérant d’une boutique, quelque part à l’ouest de Tokyo. Il y confectionne toute la journée des Dorayakis, une spécialité japonaise à base d’haricots rouges sucrés et confits.

Ses affaires ne sont pas florissantes et lui-même mène une vie terne et triste. Une vieille femme de 75 ans, Tokue, se présente dans sa boutique en lui proposant ses services pour l’aider à réaliser ses pâtisseries. Il est tout d’abord extrêmement réticent à l’idée d’engager une femme aussi âgée, mais il reviendra sur sa décision après que celle-ci lui ait fait gouter sa recette d’haricots rouges confits (« An » en Japonais).
Ses dorayakis autrefois fades, aux gouts industriels, deviennent grâce à la vieille dame de véritables délices ! Le succès est immédiat et les clients affluent en masse !

Une amitié s’installe dés lors entre l’aïeule et Sentaro, jusqu’au moment où le secret de Tokue est révélé : elle est attente de  la lèpre ! Ou du moins elle l’était, guérie depuis longtemps, elle garde cependant les stigmates de la maladie. Au début de l’adolescence elle fut abandonnée par sa famille et confinée dans une léproserie. En effet au Japon une loi datant de 1907 stipulait que les lépreux devaient être enfermés à l’écart de la société. Cette loi ne fut abolie qu’en 1996.


Dorayakis et cerisiers en fleurs.


« Les délices de Tokyo » est un film sur les blessés de la vie. Tokue a été marginalisée par sa maladie, Sentaro lui, s’il n’a pas de cicatrices visibles, cache un douloureux secret, tout comme Wakana, une collégienne habituée de la boutique, vit une situation familiale difficile… Ces handicapés sociaux, vont former une trinité d’âges (l’enfance, l'âge adulte et la vieillesse) et forger une véritable communion de cœur et d’esprit.

Véritable éloge de la marginalité, le film s’oppose à la fade standardisation de nos sociétés. Bien que prisonniers de leurs rôles de proscrits les personnages principaux vont s’élever mutuellement et oublier leurs difformités physiques ou psychologies.

Qu’on ne s’y trompe pas le film n’a rien de la niaiserie que le titre (traduction inepte du titre original "An"), l’affiche et, dans une moindre mesure, la bande annonce laissent craindre. Bien au contraire les situations sont aussi réalistes que complexes. Les relations sont quant à elles aussi profondes que touchantes.

D’une sensibilité et d’une poésie peu commune, ce film restera gravé très longtemps dans l’esprit (et le cœur) de ceux qui iront le voir.

Un chef d’œuvre ni plus ni moins.





mercredi 18 janvier 2017

"YOUR NAME" de Makoto Shinkai. Critique du film.




“Your Name” (alias 君の名は, Kimi no na wa, en Japonais) le nouveau film d'animation de Makoto Shinkai avait de quoi intriguer. Pensez donc ce dessin animé, sorti le 26 aout 2016 dans l’archipel, est devenu le plus gros succès de l’année 2016 au Japon en restant 12 semaines consécutives en tête du Box office. Il est le deuxième plus gros hit nippon des tous les temps (juste derrière « Le voyage de Chihiro » de Miyazaki !)
Des scores similaires se sont répétés un peu partout à travers l’Asie.
Restait donc à savoir si ce Roméo et Juliette Japonais pouvait séduire le public Français.

L’histoire tout d’abord :
Le film se résume dans sa première phrase  «Je suis à ta recherche, toi, que je n'ai encore jamais rencontré». Il sera question d’une quête romantique d’une moitié désirée et inconnue.

Mitsuha est une lycéenne vivant dans un village perdu dans les montages. Elle ne rêve que de s’enfuir vivre la vie trépidante de Tokyo.
Taki, lui aussi lycéen, vit dans la capitale nippone où il a grandi. Il partage son temps libre entre ses amis et son boulot de serveur.
A priori tout oppose ces adolescents, l’un symbolisant les traditions et l’autre la modernité.
Et pourtant bien que ne se connaissant pas, suite à un phénomène inexpliqué, ils vont échanger leurs corps jour après jour ! Ils se réveilleront dans la peau de l’autre et ne réintégreront la leur que la nuit venue.

Tout d’abord déboussolés par ce phénomène surnaturel les adolescents vont apprendre à vivre dans le corps de l’autre (communiquant par leurs téléphones interposés). Un amour va naitre de cette situation pour le moins surréaliste !
Le désir va les pousser à se rencontrer et à comprendre ce qui leur arrive, mais une autre surprise de taille les attend…


"Oh trop cool j'ai des seins !"

La première chose qui étonne dans ce film est bien évidemment l’incroyable réalisme de l’animation !
Makoto Shinkai (scénariste et réalisateur) frappe très fort avec un graphisme à couper le souffle et des paysages somptueux parfaitement servis par des jeux de lumière tout simplement incroyables.

Le film mêle plusieurs techniques d’animation : 2D traditionnelle, images de synthèses, crayonnés, pastels… Le tout fonctionnant dans une harmonie parfaite et saisissante !
Le réalisme du début du film décrit avec justesse la vie quotidienne du Japon moderne. Une très bonne façon de découvrir ou redécouvrir ce pays au passage.

Après une scène d’ouverture onirique tournant autour d’un ruban le film se fera une règle de brouiller les pistes et d’échapper à tout schéma prévisible.
Sans spoiler le film les fans de Cure penseront immanquablement au livre de Pénélope Farmer « Charlotte sometimes ». Je n’en dis pas plus...


Des messages laissés sur des téléphones ou... sur des visages !

La première partie du film, un poil tartignole (enfin « Kavaï » comme disent les Nippons) laisse craindre une comédie romantique niaise et convenue, mais par des ruptures de ton (on passe du rire aux larmes en passant par la peur) et par un twist intervenant en milieu de film, le réalisateur prend le spectateur totalement à contrepied.

Your name réalise l’exploit de mêler science-fiction, film catastrophe (si si) et comédie romantique, avec pour résultat inattendu de nous renvoyer à nos propres émotions d'adolescence !

L’année 2016 se sera terminée sur un chef d’œuvre du 7éme art ! 



"Je connais ton nom ?"

mardi 3 janvier 2017

Sur les traces de Monsieur MERDE (de Léos Carax)


Le film "TOKYO!" sorti en 2008 est un film composé de 3 moyens métrages réalisés par 3 cinéastes différents. Comme vous vous en doutez le thème commun sera la capitale Nipponne.

A l'affiche 3 cinéastes hors pairs : Michel Gondry, le coréen Bong Joon-Ho et dans le cas qui nous intéresse : Léos Carax, l'illustre réalisateur des "Les amants du pont neuf"" ou de "Mauvais sang" !

(Toutes les captures d'écran sont la propriété de Haut et court)

Tout est dit !

Est-ce un oiseau ? Est-ce un avion ? Non c'est Monsieur Merde sortant des égouts !
Sorti de nulle part un être étrange et mystérieux déboule semant la terreur sur un boulevard de Tokyo !

Dans la réalité nous sommes ici sur Ginza (à son embranchement avec Harumi Dori).
On pourrait comparer Ginza à des Champs Elysées locaux, puisque toutes les marques de luxe y sont représentées !
L'idée de Léos Carax était de représenter l'acteur Denis Lavant comme une sorte de Godzilla en miniature : il tue et détruit non pas par plaisir ou par idéologie, mais juste parce qu'il ne peut pas faire autrement !
Pour appuyer sa référence le réalisateur a utilisé la musique de Godzilla pour cette séquence.

A l'angle de l'avenue, l'acteur Denis Lavant est passé devant la galerie marchande Wako, très réputée à Tokyo. Le même supermarché détruit par Godzilla dans son premier film de 1954 (voir mon article précédent sur la question)

Monsieur Merde déleste des livreurs de leur cargaison de fleurs ! 

Pas de fleur à manger devant l'Apple store de Ginza !

La nourriture préférée de Monsieur Merde : les fleurs et l'argent !




A noter que toute la séquence fut filmée en plan continu, en une seule prise et sans autorisation s'il vous plait ! Pour assurer la fluidité de l'image un cameraman était assis sur un fauteuil roulant tracté à reculons par l'équipe de tournage ! A l'ancienne...
Merde est occupé à digérer le portefeuille d'un badaud !

La folle course de Merde se termine devant la boutique Chanel, où une charmante Nippone terrorisée par l'approche de Merde commet l'erreur de lui montrer ses aisselles !

...car chacun sait que Merdre aime une seule chose plus que manger des fleurs ou de l'argent : c'est de lécher les aisselles !

Plus personne n'ose lever les bras devant la boutique Chanel depuis 2008 !

La nuit est tombée et Monsieur Merde n'entend pas arrêter là ses méfaits !

Nous sommes maintenant à Shibuya, le fameux passage clouté tentaculaire (mondialement célèbre) se situe au bout de la rue.
A noter que la mégalopole nipponne étant en perpétuelle mutation le building situé à gauche en 2008 a tout simplement disparu 8 ans plus tard !

Chargé de grenades datant de la seconde guerre mondiale (trouvée dans une grotte) Merde compte bien faire un carnage en plein centre de Tokyo !

Les aménagements sont loin d'être finis puisque l'on peut voir les travaux en cours aussi bien à gauche qu'à droite ! Refaire cette photo dans quelques mois/années sera intéressant comme illustration de l'évolution constante de la ville...

En 2008 on peut voir une gare routière derrière Merde...
...En 2016 c'est le début des travaux !

Le méfait de Merde accompli et des dizaines de morts jonchant les rues, l'apprenti Godzilla fait la une des journaux télévisés !

Le fameux carrefour de Shibuya. Pas de journal télévisé sur les écrans géants mais des publicités diffusées en boucle.

De la merde sur tous les écrans !

8 ans plus tard, l'armée de piétons attend toujours sagement avant de traverser la rue !

A noter que le personnage de Monsieur Merde a été utilisé deux autres fois par Léos Carax :
Une première fois dans le cadre du film "PARIS JE T'AIME" en 2006
(voir mon petit reportage sur la question sur mon autre Blog consacré à Paris)
puis une dernière fois dans son long métrage "HOLY MOTORS" en 2012.