lundi 12 juin 2017

Sur les traces de "COLORFUL" de Keiichi Hara (2010) "カラフル" - Part 1




N'ayons pas peur des mots ce film est un chef d'œuvre !

Dans "Colorful" (カラフル, "Karafuru" en VO), le réalisateur Keiichi Hara (également responsable "D'un été avec Coo" et de "Miss Hokusai")  aborde des sujets quasi inédits -ou du moins rarement évoqués de maniére aussi frontale- dans un Anime ! Jugez plutot il sera question pendant tout le film de dépression, de solitude, d'inadaptation au monde et surtout de suicide !
Etonnant pour un Dessin animé n'est-il pas ? Pas de doute nous ne sommes pas chez Disney ici...

Pour autant je précise pour ceux qui n'ont pas eu la chance de voir cet Anime qu'il ne s'agit en aucun cas d'une œuvre larmoyante sentant bon l'auto apitoiement et le nihilisme.
Bien au contraire le film déborde de vie ! On en sort ému et bouleversé, mais ravi d'être vivant !

La beauté du sujet n'a d'égal que la qualité du graphisme et des décors. Et pour cause le réalisateur a manifestement travaillé d'après des photos d'endroits réellement existants à Tokyo. Ces quartiers étant extrêmement "locaux" (traduisez qu'ils ne figurent dans aucun guide touristique) il y a fort à parier que le réalisateur les a choisi car ils lui sont plus que familiers !

Ainsi donc lorsque j'ai entamé mon désormais habituel reportage Avant/Après j'ai eu la grande surprise de constater que les décors étaient parfaitement reconnaissables et rigoureusement identiques au film ! Ce qui contribue grandement à donner une atmosphère particulièrement réaliste au film...

Les scènes tournées en extérieur étant pléthoriques j'ai donc décidé de couper ce reportage en deux. Vous trouverez ci-dessous la première heure de film. Rendez-vous très bientôt pour la deuxième !.

(Toutes les captures d'écran sont la propriété de Toho)

Dés la première image le ton est donné : réalisme et poésie seront au rendez-vous ! Vue aérienne de Tokyo dans sa partie Sud-Ouest avec la rivière Tama, clairement identifiable. 

A 24 minutes de film, le jeune garçon réincarné dans le corps de Makoto Kobayashi, âgé de 14 ans, découvre le quartier de ce dernier.

Nous sommes ici dans l'arrondissement de Santagaya et plus précisément dans "Todoroki Keikoku" traduisez, la Vallée de Todoroki. Je ne vous fait pas dessin les images parlent d'elles même, il n'y a quasi pas de différence entre le dessin animé et la réalité !

Makoto contemple la rivière Yazawa qui s'écoule sous le pont.

Là aussi (et ce sera le cas pour toutes les autres photos) peu de différence avec la réalité, mis à part la végétation qui s'est un peu développée ces 7 dernières années.

Jolie contre-plongée.

Le pont vu depuis la rivière. Nous reviendrons sur cette jolie promenade un peu plus tard dans le film, je n'en dis donc pas plus dans l'immédiat.
0h46 : Nous sommes à présent dans la gare de Todoroki, non loin du pont ci-dessus.

Nous découvrons Hiroka une collégienne dont Makoto était secrètement amoureux (et qui a indirectement causé son suicide !)

La gare de Todoroki de nos jours. Très peu de différence, mis à part, la barriére au premier plan qui a changé de coté.

La jeune fille s'engage dans la gare pour prendre son train.

Le commerce en face de la gare a changé de propriétaire.


La fenêtre de droite a été murée, mais pour le reste...

Arrivée sur le quai unique.


Bienvenue sur la ligne Ooimachisin !

Train en approche depuis le quai de la gare de Todoroki.


La jeune fille se trouve t-elle parmi les voyageurs ?

0h47 Le train arrive à destination, soit cinq stations et un changement plus loin, en gare de Futako-Tamagawa.


Hiroka sort de la gare et se rend à un mystérieux rendez-vous...

La gare de Futako-Tamagawa en 2017 a beaucoup changée tout simplement puisqu'au moment du film (soit en 2010) elle était en travaux ! Les poteaux inesthétiques et vaguement inquiétants ont désormais disparus.

En fouillant sur internet j'ai réussi à trouver une photo de la gare pendant les travaux en 2009-2010.

La jeune fille continue sa route ignorant que Makoto la suit discrètement...

La galerie marchande qui jouxte la gare en 2017.

La même en 2010.

0h49 : La jeune fille avait rendez-vous avec un adulte et tous les deux se rendent... dans un Love-Hotel !


Première vraie différence avec la réalité : il n'y a pas de Love Hotel le long des berges de la rivière Tama ! Il semblerait qu'un hôtel du même nom se trouve à quelques kilomètres de là, mais comme sa localisation ainsi que son esthétisme n'ont rien à voir avec le film je choisis donc de ne pas la faire figurer ici. Par contre d'après les indications du film j'ai estimé que l'hôtel aurait dû se trouver ici-même.

Autre photo de 2010 trouvée sur internet : la rue était bordée par une palissade dissimulant les travaux pratiqués sur les berges de la rivière. Elle a depuis disparue.

Makoto arrache littéralement son amie du Love Hotel et l'entraine dans une course folle à travers la ville...

D'après les indications du film, le couple bifurque à gauche ici même.

0h50 Le couple continue sa course le long de l'ancienne voie de chemin de fer qui borde l'avenue Tama Tsutsumi dori

A noter que les tours en travaux dans le film ont été depuis terminées.


〒158-0094 Tōkyō-to, Setagaya-ku, Tamagawa, 1 Chome−7−13


Le détail qui tue : notez que le réalisme du dessinateur l'a conduit à reproduire le clou dépassant du poteau électrique !

Un passage dans le talus permet au couple de rejoindre l'avenue Tama Tsutsumi dori et la gare juste en face (en travaux donc) !

Rien n'a changé ici à part une gare flambante neuve !

Un feu rouge ? Pourquoi faire ?

A noter que si à l'écran quelques secondes seulement se sont écoulées, dans la réalité ils doivent courir depuis presque 10 minutes pour arriver jusqu'ici !

Vue d'ensemble depuis le haut du talus. On voit une partie du chemin parcouru par le couple...

...ainsi que la suite de leur escapade (ils passeront sous le pont que l'on aperçoit au fond).

Le deux ados zigzaguent au milieu des travaux.
Plus de zigzags en 2017 mais une belle avenue droite !


2éme liberté prise par rapport à la réalité : le couple a dépassé la gare et se retrouve maintenant à contre sens ! Traduisez en continuant à courir dans ce sens ils vont revenir sur leurs pas !
〒158-0094 Tōkyō-to, Setagaya-ku, Tamagawa, 2 Chome−24−1

0h50 Toujours en plein effort le couple se perd dans les petits chemins de la ville.
Cet endroit bien que charmant est cependant assez éloigné de la photo précédente. On comprend bien que le réalisateur a choisi ses prises de vues pour leur esthétisme plus que pour le réalisme de la ballade. Nous sommes ici au 〒158-0095 Tōkyō-to, Setagaya-ku, Seta, 1 Chome−30−2.


Le couple continue sur la même trajectoire.

Le couple bifurque sur la droite et emprunte un petit pont.

Après le pont en 2017 le mur a disparu, remplacé par des travaux !


On aperçoit au fond à gauche les travaux de l'image précédente, et au fond à droite le pont, destination finale du couple.

Après un long périple à travers la ville, ils terminent leur course dans le tunnel passant sous la Tamagawa Dori.

〒158-0095 Tōkyō-to, Setagaya-ku, Seta, 1 Chome-30-26

Fini de courir ! Dans le film leur escapade n'aura duré qu'une minute, dans la réalité ils auraient couru environ 2 ou 3 kilomètres ! Pas mal pour une fille en talon !




1h03 : Retour au Todoroki aperçu en début d'article. Makoto est accompagné de son "ange gardien" Pura-Pura chargé de surveiller ses progrès.

La promenade le long de la rivière Yazawa commence au niveau du pont vu en début de film et se poursuit sur quelques kilomètres. Dans un décors parfaitement bucolique (et quasi onirique) il est impossible de se croire en plein Tokyo ! Et pourtant...

Le bout du chemin nous amène au temple Todoroki Fudoson (hors champ).

Un paysage hors du temps !



Les deux statues ont été coupées à l'image.

Les premières marchent menant au temple Todoroki Fudoson.


Un programme positif.

Le temple en haut des marches est également très beau mais malheureusement le réalisateur a choisi de ne pas le montrer.
1h04 Makoto en proie au mal-être déambule dans Tokyo.

〒158-0095 Tōkyō-to, Setagaya-ku, Seta, 2 Chome−12−15






Makoto monte d'un coté et descend de l'autre !



Suite des aventures de Makoto dans le volume 2 !

A suivre...









lundi 15 mai 2017

AKIBA FUKUROU The Owl Café !


L'extérieur de la boutique ne paie pas de mine pourtant l'intérieur est chouette !

Situé en plein Akihabara (le quartier des Geeks) le Akiba Fukurou est ce que l'on appelle un Owl Café (soit un café à Hiboux).
Dans la réalité nul café n'est servi dans cet établissement (ni aucune autre boisson d'ailleurs).
Ce commerce surfe simplement sur la vague des précédents "Cat café" et autre "Rabbit café", où les gens viennent se détendre en caressant des chats ou des lapins.
Cet établissement à l'atmosphère cosy regroupe une quasi trentaine de hiboux (présents ce jour là).

Dans la famille hibou je voudrais le père !

Ce concept remporte un franc succès et l'on doit impérativement réserver avant de venir car toutes les tranches horaires sont complétes longtemps à l'avance !
Les premiers clients sont priés de patienter à l'extérieur sur les tabourets disposés à cet effet en attendant patiemment l'heure dite.

La baie vitrée s'ouvre ensuite et les gens sont invités à rentrer un par un, après s'être acquitté des droits d'entrée de 2.000Y soit environ 17€.
Les deux employés sont chargés de nous briefer (en Anglais vu que la plus part des gens présents sont des Gaijins -étrangers-) : d'abord se désinfecter les mains, ensuite pas de mouvements brusques, ne pas parler fort, ne pas approcher l'appareil photo trop prés des animaux, ne les toucher que sur le sommet du crane...
Bref en un mot comme en 100 ne pas oublier qu'il s'agit d'animaux sauvages à ne pas brusquer !
Les formalités d'usage passées nous avons un peu moins d'une heures avec les chouettes !


Premier contact hésitant entre touristes et chouettes !

Les chouettes sauvages sont habituellement des animaux nocturnes cependant au contact de l'homme elle peuvent tout à fait devenir diurnes ! C'est le cas de la plus part des animaux présents - à l'exception de quelques uns pour lesquels un petit écriteau précise "Ne pas déranger, je dors" !


Une belle brochette endormie !

Le personnel du café vient voir les clients un par un leur demandant s'ils souhaitent tenir un rapace.
Ces derniers ne se font généralement pas prier.
On nous demande préalablement si on souhaite un grand, un moyen ou un petit. Craignant un peu de ne pouvoir gérer un grand je préfère me limiter d'un "moyen" (de belle taille ceci dit) répondant au doux nom de Peanuts !

Mon nouveau super pote !

A noter qu'au moment de le déposer sur mon bras, la fille de la boutique me demande de ne plus bouger. Et pour cause : l'animal est en train de faire ses besoins ! (Pas sur moi merci, ce sera pour plus tard, voir plus bas).
Une fois soulagé Peanuts se révèle être très coopératif et pose gentiment pour la photo !

L'employée me conduit ensuite à une table (histoire de ne pas rester debout le bras en l'air pendant une heure). Je fais plus ample connaissance avec ma chouette, on se fait quelques photos ensemble et tout... Jusqu'au moment où l'animal régurgite sur mon pantalon ! Il faut dire que la chouette se nourrissant notamment de souris qu'elle avale d'un trait, tout ce qui ne peut pas être digéré (fourrure, os, etc...) est recraché à un moment ou à un autre !
Le service d'ordre vient me nettoyer un brin et me délivre du Strigidé.

J'en profite pour faire un nouveau tour des deux salles et je constate que certains clients s'amusent comme des petits fous !

Les hiboux c'est chouette !

Dans un coin un couple de rapace semble se faire des bisous. Mince les chouettes sont plus démonstratives de leur affection que les couples nippons dans la rue !



Je repère dans un coin animal au nom évocateur de "Charles Xavier" ! Manifestement celui qui a nommé la chouette est un fan des X-Men !
Quoi qu'il en soit on me propose de le déposer sur mon bras.
J'accepte (en espérant que le mutant soit plus propre que son prédécesseur).
On me remet cette fois ci un gant en cuir, puisque ses serres sont manifestement plus acérées que celles de Peanuts.



Les Owl Cafés sont sensés avoir un rôle relaxant "Nous pensons que les hiboux peuvent soigner nos cœurs fatigués à la manière d'une thérapie" expliquent les employés de la boutique.
Tout le café s'inspire de cette idée, entre lumière tamisée, tentures aux murs et musique classique en fond sonore.

Que les volatiles aient des vertus apaisantes sur les humains est très probable, puisqu'avoir un animal aussi tranquille et serein sur son bras est un vrai plaisir !
Bon maintenant la question qui se pose est : "le plaisir est-il partagé par l'animal ?" Voilà qui est beaucoup moins certain. Pour autant l'équipe du café nous explique qu'ils sont "élevés depuis la naissance comme des animaux de compagnies. Sans doute préféreraient-ils être libres, mais votre chat ou votre chien également !"
Je vous laisse le soin de trancher la question.