dimanche 21 janvier 2018

Noël et le Jour de l'An au Japon.

Noël au Japon : On a retrouvé le coupable !

Les fêtes de fin d’année sont toujours un moment de franche convivialité au Japon, un peu comme dans nos contrées, mais pratiquées de manière totalement différente.
Les réjouissances commencent par l’apparition des premières illuminations à travers Tokyo dès le début du mois de novembre pour se conclure mi-janvier.
Mais prenons les choses dans l’ordre :

JOYEUX NOEL !

Bon quitte à enfoncer une porte ouverte je vous rappelle à toutes fins utiles que le Japon n’est pas un pays Chrétien (breaking news). Le culte majoritaire est le Shintoïsme. Si les Chrétiens sont bien présents dans l’archipel, ils n’en restent pas moins ultra minoritaires (2 millions aux dernières nouvelles, soit moins de 2 % de la population).

Donc autant dire ce qui est Noël, en tant que fête Chrétienne, les Japonais s’en moquent éperdument ! D’autant plus que le 25 décembre n’est absolument pas pour eux un jour férié (contrairement au 23 qui est chômé en l’honneur de l’anniversaire de l’empereur).
Au pays du soleil levant Noël rime d’avantage avec Santa Claus (サンタクロース : Santa Kurōsu, traduisez Saint Nicolas) qu’avec la naissance du Christ.

Un Godzilla de Noël ça vous branche ?

Quoi qu’il en soit, Noël connaît un regain de popularité au Japon pour des raisons pour le moins étonnantes : dans les années 70 afin de répondre à la demande des expatriés réclamant de la dinde pour Noël, la chaine de fast food KFC eu l’idée de proposer un menu spécial de poulet (en lieu et place de la dinde, introuvable au Japon).
Et hop ! Le succès est immédiat auprès des étrangers comme auprès des Nippons ! Les Japonais feront désormais la queue pendant des heures devant les KFC le soir de Noel !
Certains, pour éviter les files d’attentes interminables, n’hésitent pas à commander leurs menus des semaines à l’avance ! (Si j’en crois la publicité le dit menu couterait 4.090 Yens - soit environ 30€ - incluant une barquette de poulet et un gâteau).


(Cher KFC, pour avoir fait ta pub, je te remercie de bien vouloir me faire un petit virement)

C’est ainsi que, tout comme Coca-Cola a influé sur le look du Père Noel en occident, c’est une chaine de Fast-food qui a contribué à populariser Noël au Japon !
Business is business et les voies du seigneur sont impénétrables. Amen (le poulet).


Les Nippons sont bien connus pour détourner des fêtes occidentales et les adapter à leur manière, en l’occurrence le réveillon de Noel est avant tout un moment pour s'amuser entre amis et surtout pour sortir en amoureux ! On prétend en effet que tous les hôtels affichent complets ce soir-là ! Bigre voilà ce qui s’appelle donner de sa personne pour le soir de Noël !
Quoi qu’il en soit les cadeaux en eux-mêmes sont généralement réservés aux seuls couples. Il arrive parfois de s'offrir des cadeaux entre amis ce jour-là, mais ce n’est pas du tout la norme.

LE JOUR DE L’AN

Tout commence quelques jours avant le 31 décembre par le Ôsôji (大掃除) qui consiste à nettoyer et ranger de fond en comble sa maison (ainsi que son lieu de travail, son école et tous les endroits publics) afin de les purifier symboliquement et concrètement des souillures accumulées durant une année.
Une journée complète y-est du reste rituellement consacrée entre le 13 et le 28 décembre.

Les portes d’entrées des maisons (ainsi que celles des temples) commencent à se parer de décorations traditionnelles telles que les Shimekazaris. Il s’agit de tresses de paille de différents modèles, destinées à se protéger des mauvais esprits et à accueillir la nouvelle année.

Décoration au dessus de la porte d'entrée.

Un Shimekazari version géante !

L’autre « challenge » pré-jour de l’an consiste à envoyer des cartes de vœux appelées Nengajô (年賀状) à ses proches AVANT le 28 décembre ! La tradition veut en effet qu’elles soient reçues le 1er janvier au matin ! Fini le mois complet pour envoyer ses bons vœux comme en France, ici le planning est très serré ! La poste Japonaise ne chôme vraiment pas en fin d’année !

Dans la même idée la semaine qui précède le 31 décembre est souvent consacrée aux soirées entre amis ou collègues pour tourner la page de l’année finissante. On appelle ces réjouissantes les Bônenkai (忘年会).

Des nouilles pour le nouvel an ? T'as intérêt à tout finir !

Pour le réveillon en lui-même, appelé Ômisoka (大晦日), il se déroule le plus souvent en famille. Le repas est traditionnellement composé de Soba ou Udon (Nouilles Nipponnes appelées Toshikoshi-Soba) symbolisant la longévité et qu’il faut finir intégralement avant minuit, sous peine de s'attirer le mauvais yeux pour l'année à venir.

Les familles réveillonnent souvent en regardant le programme télévisé "Kôhaku Uta Gassen" (紅白歌合戦), une émission annuelle existante depuis les années 50. Une façon de franchir l’année en musique grâce à la guerre des sexes, puisque des équipes masculines et féminines s’affrontent par chansons interposées tout au long de la soirée! 

Vers minuit, les Japonais aiment se rendre aux temples Bouddhistes ou aux sanctuaires Shintoïstes (la coutume est appelée Hatsumôde, 初詣). On y prie en écoutant sonner les cloches. Cette tradition est très populaire et il faut souvent faire la queue pendant plusieurs heures pour accéder aux lieus de prière !

Une "légère" affluence à Tsurugaoka, Hachiman-gû, pour le  nouvel an, mais toujours dans l'ordre et la discipline.
Le métro aux heures de pointe.

Cependant les moins vaillants, qui n’ont pas envie de sortir le soir du Nouvel An, disposent de quelques jours en début d’année pour aller au temple ou au sanctuaire pour effectuer leur première prière de l'année. Et de fait les lieux de culte ne désemplissent jamais pendant la première semaine de l’année !



Jour de l'An à Kita-Kyushu.

Le jour de l’an est habituellement chômé. Il est de coutume de ne rien faire ce jour-là, pas même la cuisine. Ainsi les repas ont généralement été préparés à l’avance. Parmi ceux-ci on peut compter le fameux dessert Japonais à base de riz gluant le Mochi (餅). Ce dessert est sinistrement célèbre car il provoque régulièrement des décès par étouffement du fait de sa viscosité ! Quelle bonne façon de commencer l’année !

Les Mochis : plus impressionnants à voir préparer que bons à manger !

 Des boîtes compartimentées Jûbako : un repas de fête !

Au matin de la nouvelle année les plus motivés se livrent au Hatsuhinode (初日の出), traduisez se lever tôt pour assister au premier lever de soleil de l’année (voilà bien une tradition impossible à respecter pour moi : le 1er au matin je dors comme un bébé).

A noter que bien souvent la plus part des entreprises ferment leurs portes les premiers jours de l’année. Ces jours fériés sont l’occasion pour les Nippons de partir pour un long week end. Les hôtels, autoroutes et autres aéroports sont généralement bondés à cette occasion.

Autre coutume du début d'année : faire un cadeau aux enfants (le Noël Nippon ni plus ni moins) ! Ainsi les plus jeunes reçoivent des enveloppes joliment décorées appelées Otoshidama (お年玉) contenant de l’argent (le montant est variable selon le bon vouloir de l’offrant).

Des enveloppes que les enfants sont très contents de voir venir.

Enfin on peut signaler que si le 2 janvier est célèbre pour le discours annuel de l’Empereur (la foule peut exceptionnellement accéder au palais impérial ce jour là) il est également connu pour les Fukubukuro (福袋), comprenez "Sacs à bonheur". En clair, sur le principe des pochettes surprise, les clients de certains magasins achètent "à l’aveugle" (sans savoir ce qu’il y a dedans) des paquets contenant différents produits. Les Nippons raffolent de ces sacs d’autant plus que bien souvent la valeur réelle des objets contenus est supérieure à la valeur d’achat !

C'est la ruée sur les Fukubukuro le 2 Janvier !

Aure tradition de la nouvelle année : acheter des Hama-ya (traduisible par "Flèche qui détruit les démons") pour décorer sa maison. 


ILLUMINATIONS DE FIN D'ANNEE 

Les Japonais sont très créatifs concernant les illuminations et l'on voit bien que le budget qui leur est consacré est très conséquent. Comme dit plus haut Noël est déconnecté de toute notion religieuse, mais cela n'empêche aucunement les Nippons de se lâcher sur les décorations de cette période.
Je vous propose donc un petit florilège (très loin d'être exhaustif) des illuminations que l'on peut trouver un peu partout à travers la capitale. 

- YEBISU GARDEN PLACE :


Inauguré en 1994 Yebisu est une "petite ville dans la ville". Outre d'être un endroit tout à fait charmant, de nombreux restaurants et magasins y prospèrent.







Baccarat est de la partie !
 
Yebisu Garden Place en perspective, avec en premier plan le grand lustre signé Baccarat.

Une patinoire est installée pour les fêtes devant le "Château de Joël Robuchon" (3 étoiles au Michelin). 

ça va les filles pas trop froid ?

- SHINJUKU TERRACE :

Cette année la terrasse sud faisant face à la célèbre gare de Shinjuku a opté pour des décorations roses ! (Sans doute en référence à la couleur des cerisiers en fleur)





Ne me demandez pas ce que c'est, je n'ai toujours pas compris !

 
La gare de Shinjuku est dans la perspective.


- SHIBUYA CROSSROAD :

Le deuxième plus célèbre carrefour du monde (après celui d'Abbey road) ne pouvait pas manquer de célébrer à sa façon le nouvel an !

Shibuya version Noël...

Shibuya version Nouvel An ! Pour l'année du chien, une réplique d'Hachiko, dans un superbe habit à rayures, trône devant le carrefour tentaculaire. 
Hachiko, l'originale.






- OMOTESANDO :

Célèbre pour ses magasins chics, Omotesando avec ses larges trottoirs est un lieu de promenade idéal pour profiter des illuminations de fin d'année !





Un Père Noel made-in Japan.


- ROPPONGI HILLS :

Superbes illuminations le long de la route Keyakizaka, avec quelques 1.200.000 ampoules ! Elles changent de couleur à intervalle régulier en passant du bleu au rouge.







- Même l'aéroport d'HANEDA prend sa parure de fête !




Il ne me reste plus à présent qu’à vous quitter en vous souhaitant "Akemashite omedeto gozaimasu" soit comme vous vous en doutez : Bonne année !
(A noter que, comme en France, cette formule n'est utilisable qu'après le changement d'année et non pas avant).




dimanche 10 décembre 2017

UN AUTOMNE A TOKYO




A l’instar du printemps et ses cerisiers en fleur, l’automne Nippon est lui aussi célèbre à travers le monde. Cette notoriété est notamment due à ses érables Japonais (Momiji) qui arborent une parure rougeoyante vers la fin du mois de novembre. Cette période est appelée Momijigari et elle est très prisée des touristes (locaux comme étrangers) principalement du côté de Kyoto. On peut cependant l’admirer un peu partout à travers l’archipel.

Il faut avouer que les paysages écarlates (le rougissement des feuilles d’érables est appelé Koyo) sont réellement remarquables en particulier lorsqu’ils sont rehaussés par le jaune des Ginkgo Biloba (alias L’arbre aux quarante écus, ou bien encore l’Abricotier d’argent). Ce mariage est resplendissant de jour comme de nuit, lorsqu’un éclairage pertinent vient le mettre en valeur.

A noter que la période de floraison des érables au Japon est variable selon les régions (l’archipel s’étalant sur quelques 3.300km). Elle commence fin septembre pour finir à début décembre au fur et à mesure que l’on descend vers le sud du Japon.

Cependant même une fois les feuilles tombées le spectacle n’est pas fini pour autant, puisque même au sol elles offrent la vision d'un étonnant tapis rouge mortuaire !

Hélas cette année si je suis bien passé à Kyoto ce fut bien trop tôt pour admirer les paysages rougeoyants ! Vous devrez donc vous contenter dans cet article des paysages Tokyoïtes qui ,vous le verrez, ne manque pas de charme pour autant !


 Jōshin-ji (Kuhonbutsu) – 浄真寺 (九品仏)

Traduisez littéralement les « 9 Buddhas » ce temple fut appelé ainsi car il contient … 9 Buddhas ! (Pourquoi chercher des explications compliquées ?)

Cet endroit spacieux (11.000m2 environ) fut construit sur les restes de l’ancien château d’Okusawa (des fondations du 17éme siècle sont encore visibles). Il ne manque clairement pas de charme et mériterait d’apparaitre dans tous les guides touristiques ! Tant mieux si ce n'est manifestement pas le cas, puisque l’on peut continuer de profiter de ce magnifique lieu dans une relative intimité !

Le Kuhonbutsu a une longue histoire de plus de 350 ans. Construit en 1678, il fut détruit et reconstruit plusieurs fois. A noter que certains de ses arbres comptent parmi les plus vieux de Tokyo. L’un d’entre eux a plus de 700 ans !











Petit complément de photos trouvées sur internet :





Temple Tennoji.

Ce temple a été initialement construit en 1274 puis totalement détruit et réédifié par la suite. En 1872 le gouvernement confisqua la plus grande partie du temple pour en faire un… cimetière ! De nos jours le temple Tennoji est réduit à sa plus simple expression (quelques m2 de terrains seulement) et se retrouve cerné par les sépultures.
















Gare de Den-en-chōfu

Cette gare est située dans l’arrondissement de Ôta au sud de Tokyo. Den-en-chōfu signifie « Jardin de banlieue ». Le quartier comprend nombre de pavillons traditionnels autant que modernes.

Frontalier avec la ville de Kawasaki, Den-en-chōfu est l’équivalent de notre banlieue chic. Les maisons sont bien plus spacieuses (et plus chères) que dans le reste de Tokyo.

La gare en elle-même date de 1927, les rues sont disposées en étoiles autour de la station, dont elle semble être le centre.











SHINJUKU GYOEN, Le jardin impérial national de Tokyo.

Il s’agit d’un vaste parc situé à l’ouest de Tokyo, d’une superficie de 58,3 ha et une circonférence de 3,5 kilomètres. Le parc se compose de trois jardins de styles différents : Anglais, Français et Japonais. Il compte plus de 20.000 arbres dont 1.500 cerisiers.

Initialement il s’agissait d’un jardin privé destiné à la famille du Daiymo Naito (le « seigneur » local) au cours de la période Edo (1603 – 1868). Il ne fut rendu public qu’au milieu du 20éme siècle.

Il s’agit de l’un des plus grands (et plus beaux) parc de Tokyo (avec le Palais Impérial et Yoyogi).


C'est toujours la même histoire : pas moyen de prendre une photo sans qu'un touriste ne se mette en plein milieu !




Le making of de la photo du dessus : les photographes sont à l'affut du moindre rayon de lumière !



Une poupée abandonnée là...












JINGU GAIEN, ICHO NAMIKI AVENUE

Icho Namiki (aussi surnommé l’Avenue des Ginkgos) est un endroit très populaire en automne. La parure des arbres taillés le long de l’avenue tourne au doré fin novembre, attirant une foule de curieux venant se balader sous leurs feuillages.

Icho Namiki commence près du métro Aoyama-Ichome et se termine vers le Meiji Memorial Picture Gallery.

Un éclairage particulièrement efficace rend le spectacle somptueux la nuit venue. Les Tokyoïtes ne s’y trompent d’ailleurs pas puisque l’avenue est régulièrement coupée à la circulation, laissant libres les badauds de se promener en plein milieu de la rue.

L'avenue avant éclairage...
...L'avenue après éclairage.
ça photographie dans tous les sens !
 

Le rendez-vous des amoureux.



Petite ballade en vidéo à présent :


Et pour ceux qui se demanderaient à quoi ressemble cette avenue en journée, voici la réponse en image avec ces photos trouvées sur internet :




Yoyogi Hachiman Shrine

Le Yoyogi Hachiman Shrine (代々木八幡宮) est un temple Shintoïste situé sur une colline à quelques encablures de la station Yoyogi-Koen sur la ligne Chiyada. Le temple est dédié au dieu Hachiman (pour faire court le dieu de la guerre). Les différents arbres qui entourent le temple ont l’air de le protéger et créent une atmosphère calme et paisible.

A noter qu’une habitation datant d’il y a 4.500 ans a été retrouvée sur le site du temple. Elle fut reconstruite et exposée sur la colline comme témoignage du passé.







Il y a 4.500 ans nos ancêtres les Gaulois, euh pardon j'ai voulu dire les Japonais !





YOYOGI KOEN

Yoyogi Koen (traduisez « Le Parc Yoyogi ») est un grand espace vert situé juste à côté du célèbre sanctuaire Meiji-Jingu (vous le trouverez dans tous les guides touristiques).

Le lieu est particulièrement prisé des Tokyoïtes, que cela soit pour des pique-niques, des promenades, des tours en vélo… Outre le charme du lieu il se trouve dans un quartier très animé de la capitale : Harajuku, entre Shinjuku et Shibuya, ce qui contribue à son succès.

De taille assez impressionnante (c’est le 4éme plus grand parc de Tokyo) il fut fondé en 1967. Avant cela il servit dans un premier temps de campement pour l’armée Américaine après la guerre, puis de village olympique en 1964.

Très vivant et sémillant si vous y passez, notamment le week-end, vous avez de fortes chances d’y voir des musiciens jouant sous les arbres, des "Gosuloli" (traduisez le mélange de Gothique et de Lolita, à ne pas confondre avec les Cosplayers), des apprenties modèles venant se faire photographier dans un paysage bucolique, des groupes sportifs, des danseurs, etc…

Moins intéressant mais au demeurant important, dans un coin du parc des Sans Domiciles Fixes ont établis leur campement en toute discrétion (au Japon vous ne verrez quasiment jamais de personne mendier. Comment font les SDF pour survivre sans faire la manche ? Mystère…)





 





Tokyo : le paradis des corbeaux !

Le passage obligé à Yoyogi Koen : les photographies de mariages ! Qu'il pleuve qu'il vente vous trouverez fatalement des couples se faisant immortaliser dans le parc !


A l'occidental...
...ou à la Japonaise !

















Code red, I repeat code red !









Le paradis des corbeaux, Part 2








Promenade en musique…






Autre incontournable du parc : les jeunes filles se faisant photographier, le regard langoureux sous les arbres...